TROPISME DE L'ANGELIQUE NOIRE
Je pleure les larmes qui te brûleraient le cœur
si elles tombaient dessus.
FRAGILE
Baignée et abusée de cellules mortes, la Fille Lavis sang lyse en son organisme plasma sans gain de sérum physiologique. Elle s’étourdit et peine à se remettre. Et pourtant, elle s’évertue à sourire au piège du tourbillon machiavélique tout le jour durant, pour hurler intérieurement toutes les nuits en survie. Physiquement, elle devient transparente, poupée de chiffon émaciée, poupée de cire consumée. La chaleur de cette nuit l’étouffe ou est-ce le vide intérieur qui l’oppresse ? Elle manque d'air. La clémence des filets ionosphériques l'opprime. Elle recouvre l’épiphyse d'une harmonie indigeste. Son cœur est broyé, déchiqueté. Assisse au bord de la fenêtre, les jambes ballantes ; elle est sombre. Et, si fragile quand il s’agit de sentiments ; qu'elle se fond à regarder les étoiles disparaître une à une, mais point de filante. Sa plus grande faiblesse fut de l’espérer de tout son esprit cette nuit là ; mais elle ne voulut s’offrir.
L’adrénaline monte par paliers. Chrystiania, tous feux toutes flammes, tant dans l’euphorie des cimes que dans le désespoir en l’abîme ; s’agite, tremble. Dès lors, son conscient s’ébranle peu à peu résonne de plaintes sourdes… « Rien que lui, lui, lui… ». Tout le reste de son existence s’effaça en un éclair. Les voies victorieuses et bouillonnantes l’emportèrent : « Te porter à jamais, Mon Amour, je t’aime, je t’aime tant…» Elle en a décidé ainsi. Elle lui doit céleste esclavage ; sa liberté. « A Toi, qui m’as tout donné»
Sans question à se poser : Lui seul, compte pour toujours… Elle le veut heureux joyeux au-dessus de tous tourments et surtout de toute culpabilité. Elle y travaille à l'orée du supplice en exil, à l'aube du déchirement en sa chair, au crépuscule de son âme cendrée, à la lune bleue à s’en extraire l’être. Au déclin silencieux, Chrystiania se déplante de lui et s'il suppliait, elle finirait par lui donner la clef des nuages magnétiques désenchantés.
Plutôt mourir que de souffrir sans lui, l’insoutenable déséquilibre de ne pouvoir faire un pas sans lui ! Chrystiania souhaitait à n'importe quelle sentence, se sentir coupable et libre parée de l’ambroisie de s’amputer de lui sans ligatures, pour lui. Prête, à aller jusqu'à la damnation discordante. De toute évidence, elle devait s’éclipser par amour de ce si bel'Ange - Pour son bonheur à lui qui faisait semblant de voler. De leur dernier coup de gong, tombé sous le joug des autres masques qui enclosent. Il ne pouvait en être autrement. Elle tenait à toujours pouvoir se réveiller dans le miroir Rêve l’Art, se gifler, s'amuser mais ne jamais se haïr. Tel un fil conducteur insaisissable qui l'avait mené jusqu’à cet étrange merveilleux. Rien ni personne ne lui enlèverait. Enchaîner à présent, elle s’en sentait responsable comme d’un nouveau-né qu’on lui mettrait dans les bras, elle se devait d’être en prééminence de toutes guerres dans l’abnégation totale d'elle-même.
Aucuns regrets ni remords ne l’accompagnaient, elle tendait la main à sa vérité. Celle de la passion qui l’envahissait de là jusqu’à cette heure, son âme se nourrissait des pleurs de joie - si douces et puissantes provenant d’un je ne sais quoi ! D’un au-delà de l'au-delà tant l'éternel se faisait tendre à accueillir enfin les caresses, tant il se faisait dur sous l’emprise d’un don évaporé de jouissance dans un corps qui ne s'appartenait plus. Dévisageant l'ensoleillé et son visage plaisir, elle rêvait de latitudes sur estimées qu’il lui offrait dans leurs jeux secrètement divins ; ils s’oubliaient ne comprenant plus rien. Elle revenait au vent délicieux. Ne plus savoir ne plus incorporer reste de s’envoler ; c’est tout ce qu’ils acceptaient… Se sentir partir, mais ou ? Là, où on pleure mais où on ne crie pas. Là, où tout s’arrête alors qu’on ne peut plus rien arrêter ; la souffrance est d’aimer à en mourir et de vouloir métamorphoser l’écrin, afin qu’elle puisse vous pénétrer à l’infini de son plein. Que quelques mots doux répétitifs et saccadés fuyants suffissent au-dessus du Feu de Dieu !
Elle disparaissait aérienne, sylphide au gré des hélianthes lumières. Parler serait inutile face à la lecture de vos yeux voilés, source de lueur langage rassérénait. Tout était une fois de plus naissant, rien d’anormal et d’impossible. Ils n'avaient qu'à se sourire et la vie repartirait ; une caresse un baiser une étreinte sans dits dans un même corps.
Après s'être fracassée le crâne dans l’embrasure, les mains sanglantes, le flux pulse dans les rigoles du cerveau transmuté... Se caressant de la plus ancienne ambition de l'Homme en l'issue d'une fenêtre qui bâille, Chrystiania allait à sa propre rencontre, sans que nul ne s'interpose, n’intervienne ; elle les briserait cette fois sans repos... Ainsi, s’inclinant au rêve suprême, elle voulu s'alléger davantage, se barbouilla nerveusement de ses torrents, pour en être digne. Puis, plus de lames qu’une voix intérieure venue du fond des mers, un appel... Il était là, lunaire, les lèvres entre-ouvertes, les bras s'enlaçant dansant déjà, la parcourant d’un requiem symphonique. L'attendant en corps pour toute immortalité au creux de leurs désirs insatiables en espoirs.
Éblouie et sereine, Demoiselle La Vie déploya ses ailes pesantes argent au cœur engourdi meurtri et s’oublia vers cette terre affranchie de tout. Au-dessus de la voûte de la courbe du Monde, le jardin d'émeraudes est suave et accueillant. Après la foudre, auprès des Nobles Âmes qui elfes, n’ont crainte de la chaleur extrême brûlent bercées à l'infernal macabre des vipères écarlates qui ailes, veillent au gibet. Planent et s’y fourvoient sur l’étoile naturelle planétaire.
"Tropisme de l’Angélique Noire"
